A silent voice, tome 1 de Yoshitoki Oima

A silent voice

A silent voice1

Résumé:

Shoko Nishimiya est sourde depuis sa naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule. Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle s’emploie à surmonter ses difficultés mais, malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe.

Source: Ki-oon éditions

L’ijime, ce mot japonais qui désigne les brimades subies par des personnes jugées différentes souvent à l’école, est un thème très représenté dans les mangas. Mais c’est la première fois que je le vois traité à travers le thème du handicap. Ici, Shoko qui est sourde, arrive dans une nouvelle école. Si, au début, les élèves et les professeurs essaient de faire leur maximum pour aider Shoko, ils deviennent ensuite de plus en plus aigris, impatients, méchants. Les personnes qui souhaitaient aider Shoko se retrouvent la cible des moqueries et des réprimandes et finissent par abandonner. Mais Shoko persiste, elle souhaite être traitée comme tout le monde, elle veut apprendre, elle tient le coup face aux différents sévices qu’elle subit. Et surtout, elle souhaite avoir des amis.
Ce manga est déchirant. La cruauté des enfants, l’indifférence voir la complicité des enseignants, l’incompréhension des parents et Shoko qui s’obstine. On a parfois envie de la secouer pour qu’elle se rebelle, pour qu’elle n’affiche pas toujours un grand sourire; mais c’est cette impassibilité qui l’aide à tenir et à avancer. Toute cette injustice m’a vraiment révoltée, surtout sachant la réalité derrière ce manga; l’ijime étant énormément répandu au Japon.

En bref, un manga pertinent sur le handicap et le harcèlement scolaire qui mérite d’être plus connu.

5.Bien

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Poison City, tome 1 de Tetsuya Tsutsui

Poison City

PoisonCity1

Résumé:

Tokyo, 2019. À moins d’un an de l’ouverture des Jeux olympiques, le Japon est bien décidé à faire place nette afin de recevoir les athlètes du monde entier. Une vague de puritanisme exacerbé s’abat sur tout le pays, cristallisée par la multiplication de mouvements autoproclamés de vigilance citoyenne. Littérature, cinéma, jeu vidéo, bande dessinée : aucun mode d’expression n’est épargné.
C’est dans ce climat suffocant que Mikio Hibino, jeune auteur de 32 ans, se lance un peu naïvement dans la publication d’un manga d’horreur ultra-réaliste, Dark Walker. Une démarche aux conséquences funestes qui va précipiter l’auteur et son éditeur dans l’œil du cyclone…
En s’appuyant sur son expérience personnelle, Tetsuya Tsutsui (Prophecy, Manhole) nous livre avec Poison City une œuvre fascinante sur la liberté d’expression et les coulisses de la création manga au Japon.

Source: Ki-oon éditions

On aurait tort de penser que les Japonais sont trop réservés, trop discrets, peu enclins à faire des vagues. Lorsqu’il s’agit de mangas, on trouve absolument de tous les sujets, traités avec plus ou moins d’ardeur par leurs auteurs. Avec Poison City, Tetsuya Tsutsui s’attaque à un concept très important: la liberté d’expression. Et plus intéressant encore, à la censure. Et l’auteur sait de quoi il parle. En effet, en 2009, un de ses mangas a été jugé « oeuvre nocive pour les mineurs » par l’agence de « l’enfance et l’avenir » du département de Nagasaki. Injustement, car cette instance s’est basée sur quelques images sorties de leur contexte pour appuyer son jugement. (Bien que, soyons clairs, je ne pense pas qu’il y ait de censure « juste »). L’auteur ne l’a appris qu’en 2013 et alors décidé de dénoncer cette censure.
Dans son manga, Tsutsui va plus loin et ne met pas en scène une instance isolée. Il imagine un futur où une loi pour une « littérature saine » est votée. Une commission chargée de désigner les « livres nocifs » est formée et c’est ainsi qu’elle commence à censurer de nombreux ouvrages et notamment des mangas. C’est dans ce contexte qu’Hibino, le personnage principal, tente de se faire une place en tant que mangaka. Mais à peine sa série est-elle lancée, que la commission intervient et que les ennuis commencent…
J’ai beaucoup aimé suivre le déroulement autour de la publication d’une oeuvre. Bien qu’on soit loin de Bakuman, la relation auteur/éditeur est omniprésente et encore plus passionnante lorsqu’il faut choisir d’arrêter ou non la publication, de faire des changements, de rendre le manga plus « présentable » etc. J’ai trouvé intéressant de voir les réactions des différents personnages en fonction de leur métier ou de leur niveau professionnel: le novice plein d’espoirs, l’éditeur chevronné, le mangaka désabusé, l’ex-ministre prêt à tout pour ses convictions, etc. Le fait qu’une personne charismatique et avec beaucoup d’influence puisse faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre m’a toujours semblé fascinant. Tout comme le fait qu’un groupe qui s’en donne les moyens le puisse aussi. Au final, le seul bémol réside dans le manque ou plutôt l’absence de personnages féminins. J’aurai aimé voir des femmes occuper des places importantes dans l’édition ou en tant que mangaka et pas juste des femmes moralisatrices.

En bref, un manga passionnant qui aborde un sujet d’actualité en dénonçant la censure d’œuvres artistiques et littéraires.

6.Super

Miss Marvel, tome 1 : Métamorphose de G.Willow Wilson et Adrian Alphona

Miss Marvel – Métamorphose

MissMarvelRésumé: (4ème de couverture)

Kamala Khan, une jeune fille de confession musulmane, se découvre du jour au lendemain d’extraordinaires pouvoirs. Grande admiratrice de Carol Danvers, cette adolescente va s’apercevoir qu’être une super-héroïne s’avère plus difficile qu’il n’y paraît…

Miss Marvel est le tout premier comics que je lis et autant vous dire que ce ne sera pas le dernier. Ici, on parle de Kamala, une jeune ado d’origine pakistanaise qui doit jongler entre sa famille, les cours, la religion et ses amis.  Elle joue aux jeux vidéo, écrit des fanfics, s’ennuie à la mosquée, voudrait avoir la permission d’aller à des fêtes… Autant dire, une adolescente comme on en voit tous les jours. Sauf que ! Kamala se découvre des supers pouvoirs et c’est là que les ennuis commencent ! J’ai adoré l’humour de Kamala tout au long du récit, ses répliques cinglantes et son envie de liberté. D’abord une adolescente, Kamala cherche à s’adapter au quotidien et on ressent très bien la complexité de ses sentiments tout au long du récit. Doit-elle renier ses origines, sa famille, sa personnalité pour s’intégrer dans son lycée, pour faire parti d’un groupe ? Ce besoin de s’affirmer, de se comprendre fait alors écho à son besoin de maîtriser ses pouvoirs. La découverte et l’apprentissage autour de ses pouvoirs sont d’ailleurs très bien menés ! Ses transformations peuvent arriver à n’importe quel moment et elle se retrouve parfois dans des situations très cocasses. J’ai trouvé le personnage de Kamala très réaliste. Elle a des relations avec les gens de son âge comme avec les adultes tout à fait crédibles, elle panique quand elle découvre ses pouvoirs et ne les maîtrise pas tout de suite, elle se pose des questions sur son identité, etc.

En bref, j’ai adoré ce premier tome des aventures de Kamala qui m’a parue tout à fait en lien avec notre temps et j’ai hâte de lire la suite !

6.Super

Les carnets de Cerise, tome 3 : Le dernier des cinq trésors de Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Les carnets de Cerise – Le dernier des cinq trésors

les carnets de cerise3

Résumé:

Cerise est une petite fille âgée de onze ans, qui vit seule avec sa mère. Elle rêve de devenir romancière, et a même déjà commencé à écrire ses carnets ! Son sujet favori : les gens, et plus particulièrement, les adultes.
Elle adore les observer pour tenter de deviner quels secrets ils dissimulent au fond d’eux… Cette fois, elle s’intéresse à Sandra… Son atelier de reliure regorge d’ouvrages anciens. Mais il en est un qu’elle n’a jamais réparé. Pourquoi ? Savait-elle seulement qu’il était là ? Et quels sont ces cinq trésors liés à la vie de la jeune femme ? Cerise, Line et Erica vont suivre ensemble ce jeu de piste, cette enquête à tiroirs, pour tenter de rendre à Sandra ce qu’elle a perdu, il y a tant d’années…

Source: Editions Soleil

Quelle excitation à l’idée de retrouver Cerise dans ce troisième tome ! Cette fois, c’est une nouvelle enquête autour de la mémoire et des souvenirs qui est menée par Cerise et ses amies. On y retrouve la même ambiance que dans les ouvrages précédents avec de l’humour, des secrets, de la nostalgie, de la magie. J’ai adoré l’évolution de Sandra au fur et à mesure que ses souvenirs remontaient à la surface. Son tiraillement entre sa peur et son envie de savoir, c’était très beau et humain. Cerise aussi entame un certain développement personnel au fil de l’histoire et la fin du tome laisse présager de belles choses pour la suite.
Si j’aime autant Les carnets de Cerise, c’est parce que c’est une oeuvre jeunesse vraiment originale qui pourrait servir d’exemple à beaucoup d’autres. On y trouve des personnages féminins forts et différents et non pas un seul schéma féminin, des histoires belles et émouvantes et qui apportent tristesse et joie, des conflits familiaux ou amicaux en lien avec notre temps, des lieux souvent abordés de manière stéréotypée retrouvent ici tout leur sens (comme la bibliothèque ou l’atelier de reliure), etc. 

Enfin, les dessins et les couleurs sont toujours aussi magnifiques, je ne m’en lasse pas. C’est un réel plaisir à lire et à regarder, un très bel objet à posséder selon moi ^^

En bref, magnifique ouvrage tant dans son dessin que dans son récit, à lire à tout âge 🙂

6.Super

Oksa Pollock, tome 1 l’inespérée (BD) de Anne Plichota, Cendrine Wolf, Eric Corbeyran et Nauriel

Oksa Pollock, tome 1 l’inespérée (BD)

OksaBD

Résumé : (4ème de couverture)

Oksa Pollock, 13 ans, pen­sait être comme tout le monde, mais un soir tout a changé… Un peu angois­sée par la ren­trée dans son nou­veau col­lège, Oksa déclen­che tout à coup des phé­no­mè­nes étranges dans sa cham­bre. Un coin de son bureau prend feu, ses car­tons de démé­na­ge­ment pas encore défaits explo­sent… Elle qui a tou­jours rêvé d’être une ninja, voilà qu’elle se décou­vre des dons sur­na­tu­rels ! Perdue et ter­ri­fiée, elle se garde bien d’en parler. Mais ce n’est pas fini ! Le même soir appa­raît sur son ventre une mys­té­rieuse empreinte. Mise dans la confi­dence, sa grand-mère, l’excen­tri­que Dragomira, lui avoue le secret de ses ori­gi­nes : la famille Pollock vient d’Édéfia, un monde invi­si­ble caché quel­que part sur Terre. Oksa est leur Inespérée, leur seul espoir d’y retour­ner.

J’étais très curieuse de voir ce que le roman Oksa Pollock allait donner en BD. Je suis très fan de tout ce qui est BD et manga et encore plus lorsqu’il s’agit de l’adaptation d’une oeuvre que j’ai apprécié. C’est une bonne surprise. J’ai beaucoup aimé les dessins qui sont simples mais beaux. L’histoire en elle-même suit bien le roman original. Ca va peut-être un peu vite sur certains points mais ce n’est pas vraiment gênant pour la lecture. Les personnages ressemblent à la description faite dans le livre même si Oksa a plutôt l’air d’avoir 15-16 ans que 13 ans ^^ C’était très intéressant de voir les créatures imaginées par les auteurs. Pour certaines je les voyais bien comme ça mais pour d’autres pas du tout ! Le seul GROS défaut du livre et qui m’a vraiment gênée, ce sont les fautes de frappe. Plusieurs fois on retrouve « Itl » au lieu de « il », parfois il y a un « t » qui se balade on ne sait pas pourquoi et ils ont même rajouté un « t » à « Edefia » dans certains cas. Franchement, quand on a un mot aussi spécifique et relatif à un univers, on fait un minimum attention à comment il s’écrit. J’ai trouvé cela dommage sachant qu’une rapide relecture aurait réglé le problème.

En résumé, une bonne adaptation BD qui aurait été excellente sans ces fautes de frappe répétées.

5.Bien